Depuis les camps de réfugié·es en Grèce, des exilé·es soudanais·es ont entamé mercredi dernier une grève de la faim pour dénoncer la criminalisation grandissante des personnes en quête d’un refuge, détenues illégalement par les autorités grecques financées par l’Union Européenne. Voici leur communiqué traduit en français.

Depuis plusieurs mois, les Soudanais·es en quête de refuge arrivent nombreux·ses sur les côtes grecques et particulièrement en Crète. La Grèce a décidé de fermer ses portes aux exilé·es en suspendant pendant plusieurs mois toute possibilité de demander l'asile en Crète. Elle a, de plus, mené une politique d'incarcération massive des réfugié·es en les accusant faussement "d'aide à l'entrée irrégulière", comme nous l'avons expliqué dans un article en septembre dernier. Cette criminalisation insensée des exilé·es soudanais·es a suscité des mobilisations de soutien de nombreux·ses activistes grec·ques et européen·nes, dont le collectif De.Criminalize, ainsi que des mobilisations initiées par des collectifs de Soudanais·ses en Grèce comme le collectif Mataris.
Mercredi dernier, Sudfa, des soudanais·es résidant dans les camps de réfugié·es ont entamé une grève de la faim pour visibiliser et dénoncer cette politique de criminalisation inhumaine et injuste. A Sudfa, nous traduisons ici leur communiqué et apportons notre soutien à cette lutte, en solidarité avec tou·te·s les exilé·e·s criminalisé·es et détenu·es à cause des politiques migratoires européennes inhumaines et racistes.
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"Nous, un groupe de réfugié·es soudanais·es dans les camps en Grèce, déclarons officiellement :
Le cœur lourd face à l’injustice, mais avec une détermination inébranlable, nous entamons une grève de la faim et de la circulation à durée indéterminée les 16 et 17 décembre 2025, pour protester contre une politique systématique qui, au lieu de nous considérer comme des personnes en quête de protection, nous traite comme des criminel·les derrière les barreaux.
Nous faisons la grève de la faim pour les raisons suivantes :
La Grèce viole l’article 31 de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugié·es, qu’elle a ratifiée en 1960, qui stipule :
Le fait que le gouvernement grec nous place en détention et nous poursuive en justice pour la seule raison d’avoir cherché un refuge sûr, constitue une trahison de cet engagement international et de notre humanité commune.
Nos revendications sont :
Les événements de solidarité organisés en parallèle de la mobilisation :
Ceci est un appel à la communauté internationale, aux organisations de défense des droits humains, à toutes les consciences vivantes en Europe et en Grèce : n’ignorez pas notre souffrance. Tenez-vous du côté du droit et de la justice. Soutenez nos revendications légitimes. Nous avons fui l’enfer de la guerre pour tomber dans la prison de l’injustice. Nous avons déjà trop souffert.
Signé : Les réfugié·es soudanais·es en grève dans les camps en Grèce.
Dates : 16–17 décembre 2025
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Voir sur ce lien le communiqué original en grec et en anglais.
Pour suivre la suite de ces mobilisations en Grèce, suivre :


Depuis les camps de réfugié·es en Grèce, des exilé·es soudanais·es ont entamé mercredi dernier une grève de la faim pour dénoncer la criminalisation grandissante des personnes en quête d’un refuge, détenues illégalement par les autorités grecques financées par l’Union Européenne. Voici leur communiqué traduit en français.

Aujourd'hui, le 1er septembre, débute le procès de nombreux adolescents à Chania sur l’île de Crète (Grèce), dont la plupart sont Soudanais. Tous sont faussement accusés d’être des « passeurs » pour avoir conduit les bateaux de fortune dans lesquels ils ont franchi la Méditerranée. Le réseau De.Criminalize appelle à se mobiliser partout en Europe pour demander leur libération.

À Pantin en banlieue parisienne, des mobilisations s’organisent contre l’expulsion imminente des squats Al Zol et la Trotteuse, où habitent 120 personnes en difficulté d’accès au logement, dont une majorité sont en exil. L’équipe de Sudfa est allée à la rencontre des habitants d’Al Zol, devenu un lieu central des luttes des exilé·es à Paris pour le droit à un logement digne.

Cet été, l'équipe de Sudfa s'est rendue en Ouganda, pays frontalier du Soudan du Sud, qui est un des principaux foyers d'accueil des réfugié·es soudanais·es depuis le début de la guerre. Les politiques d'accueil ougandaises leur ont permis de faire renaître à l'étranger une véritable vie culturelle et politique soudanaise, et de poursuivre les objectifs de la révolution soudanaise en exil.

Mercredi 1er mai, 8 000 réfugié·e·s soudanais·e·s vivant dans les camps de Komar et Olala à la frontière soudano-éthiopienne ont décidé de se rendre à pied dans la ville éthiopienne la plus proche, fuyant l'insécurité et les mauvaises conditions de vie dans les camps. La marche a été réprimée par la police éthiopienne, et les réfugié·e·s attendent toujours des solutions.