
Cet article interroge le paradoxe des discours promouvant la paix au Soudan, qui masquent parfois des agendas politiques, notamment la défense des intérêts de la milice des FSR. La paix, censée être un instrument de justice et de réparation, est alors utilisée comme un moyen de perpétuer des rapports de pouvoir violents. Une paix véritable ne peut être dissociée des piliers de la révolution soudanaise : la liberté, la justice et la dignité.

Affirmant l'urgence de décoloniser le regard porté sur le Soudan, Youssef Abdelrahman revient sur la brève période durant laquelle cette guerre a été visibilisée dans les médias français suite aux massacres d'El Fasher, avant d'être à nouveau effacée. Pour lui, le traitement médiatique de la guerre au Soudan reflète la hiérarchisation des conflits contemporains dans les pays occidentaux, qui normalise et invisibilise la violence envers les populations racisées.

Dans cet article, Hamad Gamal, co-fondateur de Sudfa Media, interroge la mémoire de la révolution soudanaise et les questions laissées en suspens par cette révolution avortée face à la brutalité de la guerre contre-révolutionnaire. Il analyse l’héritage de ces mobilisations et examine les raisons de leur échec.

Deux militants de Sudfa (média fondé par des exilé.es soudanais.es en France), et de Génération Lumière (association d’écologie décoloniale fondée par des jeunes Congolais·es à Lyon), échangent sur les guerres en cours au Congo et au Soudan, mettant en lumière les logiques globalisées du capitalisme colonial, ainsi que les voies de solidarités entre les peuples.

La guerre au Soudan se fait désormais aussi devant les tribunaux internationaux. Au printemps, le gouvernement soudanais a accusé les Emirats Arabes Unis de soutenir les Forces de Soutien Rapide et de complicité de génocide devant la Cour internationale de Justice, qui a rejeté sa plainte le 5 mai dernier. Ahmed Khatir, exilé soudanais et étudiant en droit, décrypte les enjeux de cette bataille judiciaire et les impasses dans lesquelles se trouve l’Etat soudanais.